Les Débuts

C’est en 66 que le mot Magie en entré dans le dictionnaire de l’Académie Génovienne. Il est défini comme « l’Art de la Composition Symbolique, notamment par des assemblage ésotériques autonomes, des influences élémentaires naturelles ». Le mot a été adopté par la plupart des Royaumes des Terres du Milieu. Les Valars de de la Ligue des Royaume de Valinor, par-delà des mers de l’ouest, continuent notablement à lui préfèrer « Arts du Pentacle » ou « Sorcelerie ». Je prête à cette entrée au dictionnaire de l’Académie une haute importance symbolique. C’est en effet mon année de naissance et j’y vois quelque prédestination.

Les précurseurs

Comme de juste, la chose est apparue avant le mot. La Sorcelerie proprement dite est même très ancienne. Les Eldars la pratiquent depuis des millénaires. Ils ont inventé les rituels premiers comme la Géomancie, ou les Arts Digitaux par lesquels les Sorciers influencent la nature grâce aux mouvements des doigts. Mais nonobstant leur beauté formelle, ces rituels n’avaient rien à voir avec la magie moderne. Ils étaient laborieux, passablement longs, sujets aux erreurs et très instables. Imaginez que pour un simple sort de pluie, soit l’eau cessait de tomber dés lors que le sorcier terminait son incantation, ou au contraire n’arrivait que des heures, voire des jours après le rituel.

On date généralement l’invention de la magie moderne de la création du cercle de Vavise, ou Cromlech. Le Seigneur Magne Vavise parvint à convaincre la Patricienne de Morpork que son cercle de pierre parviendrait à remplacer à moindre coût les traditionnels cercles de sorciers pour le contrôle des marées et des tempêtes. Le dispositif (inspiré des enceintes rituelles en bois d’Anneboeuf Ballotin) avait la particularité de pouvoir réaliser différents sortilèges selon les gravures de la table sacrificielle centrale. C’est à Beb Brindamour, fille de l’illustre poète explorateur Lord Parcercle, qu’il confie l’élaboration des glyphes. On sait ce qu’il advint du projet, abandonné avant sa mise en service à cause de son coût faramineux lorsque les dirigeants d’Ank Morpork lassés d’en attendre l’achèvement lui retirèrent ses subsides (mais des reconstitutions modernes ont confirmé que la conception était valide).

C’est lors de la seconde grande guerre des Terres du Milieu que l’idée est reprise, le Mordor utilise massivement des tablettes en bois d’Ent préparées par ses meilleurs sorciers (le fameux grimoire Exotère) pour instaurer la brume de guerre. Mais les alliés regroupés à Morpork, guidés par le génial Alain Desanneau, parviennent à déjouer les plans du malin en construisant l’Orbe de pierre clairvoyante, reprenant l’idée du Cromlech de Magne Vavise en l’associant à des runes mobiles plus modernes.

La véritable explosion de la Magie survient après guerre. Des groupes privés commencent à commercialiser des Cromlech en kit (de plusieurs tonnes et nécessitant un groupe de sorciers de haut niveau pour les faire fonctionner), d’abord dans un but de géomancie et de clairvoyance, puis pour des usages de plus en plus diversifiés : appel de la pluie ou du soleil, retour d’affection, fertilité, malédictions, pactes démoniaques, etc. Si les nobles et riches bourgeois saisissent mal l’étendue du pouvoir de la magie qui semble en passe de remplacer l’homme dans ses fonctions les plus nobles, chacun veut son cercle ou sa table de pierre. A l’époque le marché est largement dominé par Ibn, le « tailleur de menhirs », avec un fameux slogan destiné à instiller la crainte de la concurrence : « Personne n’a jamais été damné pour avoir conclu un pacte sur un Cromlech Ibn ».

Pour l’anecdote, c’est à cette époque que le mot Papillon est adopté pour symboliser un défaut dans un sort le perturbant d’une manière funeste. A la suite du semi échec d’un sort de fécondité, un champ de blé étant devenu un champ de ronces luxuriant, la Magicienne Lili Bellule (fameuse pour l’invention du langage magique BLABLA) se rend compte que la transformation est due à un papillon posé sur l’un des Glyphes et carbonisé lors du lancement du sort. Depuis lorsqu’un sort produit un effet désagréable inattendu – habituellement par la faute de l’étourderie d’un magicien et non d’un quelconque insecte – celui-ci qualifie le problème de « Papillon ». Une baguette de pétrification transforme ses victimes en sable, délicat lorsqu’on souhaite annuler le sort : un Papillon ! Un pacte démoniaque lâche sur la ville voisine une créature (vile, elle aussi) : encore un Papillon ! De nos jours il est rare qu’un sort moderne ne recèle quelques Papillons.

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