La magie domestique
C’est l’invention de l’encre au sable (origine du nom de la fameuse Vallée du Sable, mais j’anticipe) qui déclenche la transition des Cromlech à la magie domestique. En 79 les premiers pentacles en kit sont commercialisés : trois flacons d’encre au sable monochromes (le noir, le blanc et le sel correcteur), quelques bougies et un manuel expliquant le tracé et les incantations d’activation… et beaucoup d’efforts et le tour est joué. Puis les modèles se simplifient avec des pentacles pré-tracés à décalquer ou sur tapis déroulants (les Pentacles imprimés). Ces modèles ne servent pas à grand-chose : sorts de parapluie, pactes d’affection canine, fertilité du jardin, etc. Tout est à tracer soi-même à la cire et ils perdent tout pouvoir à l’extinction des bougies.
Mais leurs vendeurs mettent en avant l’intérêt d’apprendre la magie dès un très jeune age et le succès commercial est au rendez-vous. Notons aussi la présence de quelques sorts ludiques, transposition sur les pentacles domestiques des fameux jeux des Galeries d’Arcanes. On y retrouve par exemple les très célèbres : « Spasme Avaleur » (rarement mortel et si drôle), le « T’es triste » (sort de mauvaise d’humeur, créé par un ressortissant du Mordor), le « Casse muraille » ou encore le « Pâques Mane » (pluie de confiseries) très apprécié des enfants.
La diversité des modèles de ces années prend fin dans la décennie qui suit avec l’hégémonie du « Miroir Magique » vendu par la firme Petitsort de Guillaume Portail. Au départ il s’agissait d’un cadre de pierre Ibn, Petitsort ne s’occupant pas du matériel mais uniquement du sort tracé au dos du miroir. Ibn n’ayant pas exigé d’exclusivité, le logo Petitsort se multiplie au dos de la plupart des miroirs du commerce. Séverin Labeur, père de la marque à la poire, parvient à préserver une partie du marché domestique en mettant en avant la simplicité de ses boules de crystal, dont le fameux modèle précurseur « Conférence » où l’on pointe la cible du sort avec le doigt. Le système de pointage a bien entendu été repris rapidement sur les Miroirs, rebaptisés « Fenêtres » pour la circonstance par Petitsort.